Scène vue hier soir sur le quai à Châtelet-les-Halles. Il y avait cette chanteuse qui s’accompagne à la guitare et qui a une voix très douce. Le public ce soir-là était nombreux, au moins vingt personnes qui semblaient toutes sous le charme. Quand je suis arrivé, tous applaudissaient à sa chanson. Pendant qu’elle se préparait à chanter la suivante, sa corbeille se remplissait de pièces et de billets. Au début de sa chanson, quelqu’un est passé et s’est baissé vers la corbeille. Quand il s’est relevé, une personne l’a interpelé car il avait pris un billet à l’intérieur. A ce moment, le RER est arrivé et le voleur s’est engouffré dans le wagon. Mais l’autre le suivait toujours, le tenait par la manche et le sommait de rendre l’argent. Alors, un autre homme l’a attrapé par derrière et l’a jeté à terre violemment. Puis il lui a lancé : “Barre-toi, si tu reviens, je te casse en deux!”. L’homme s’est relevé, mais ne s’est pas démonté, il s’est même fâché : “pourquoi tu me jettes par terre alors que l’autre a volé de l’argent?” Et de se mettre, depuis le quai, à convaincre le voleur de restituer le billet.
A ce moment, un jeune homme s’est approché de moi pour demander ce qu’il se passait. J’ai répondu “il y a un homme qui a pris de l’argent dans la corbeille de la chanteuse”. Un autre jeune homme près de moi a répété : “il a tiré du frick à la meuf” et sur ce, ils ont réalisé qu’ils se connaissaient. Je les ai laissés à leurs retrouvailles. Je voyais le conducteur du RER qui ne fermait toujours pas ses portes, comme s’il attendait que le voleur se décide à rendre l’argent ou que les trois se mettent à se battre dans le wagon ou sur le quai.
En fait, le conducteur attendait que la police arrive pour appréhender le “pickpocket”. Pendant ce temps s’est produit quelque chose d’étonnant. La dizaine de personnes qui observait la discussion des trois hommes s’est soudain avancée vers le wagon en réclamant pacifiquement au voleur qu’il rende l’argent à la chanteuse. Le voleur a fini par sortir du wagon et par remettre le billet qu’il avait pris dans la corbeille, sous les applaudissements ravis de l’assistance!
Le conducteur était aussi ravi car trois policiers et quatre agents Ratp plus un sapeur pompier et une chaise roulante sont arrivés juste après pour appréhender ce pauvre voleur (parce qu’il était sans doute aussi pauvre, bien que pas aussi honnête que la chanteuse).
Juste avant de repartir, un couple a demandé au conducteur s’il s’arrêtait à une station en particulier, comme ils n’avaient pas l’air sur de leur destination, il a sorti un plan de sa cabine et leur a montré où il allait. Ensuite, il est reparti tranquille! Le train suivant attendait patiemment dans le tunnel pour prendre sa place. Qui a dit qu’à la capitale, tout le monde était toujours pressé?



Arras a plus d’une place, mais la Grand Place avec son beffroi est tout simplement magnifique! Et aucune des villes que j’ai visité ensuite n’a réussi à en effacer le souvenir. Arras a aussi une église imposante à laquelle est adossé un musée des Beaux-Arts qui a l’air très grand. Un petit crème avant de continuer la route et là, problème, que je rencontrerai tout au long de mon trajet : il n ‘y a pas un café qui comprenne “un crème” de la même façon. C’est tantôt un expresso avec un petit pichet de lait (et je le verse où le lait?), tantôt un café liégois, bref, au prochain voyage, je fais un dessin avant de commander!
Une pause culturelle au musée des Beaux-arts qui recèle quelques perles flamandes et italiennes et une galerie de céramique époustouflante. Puis la piscine – pas pour nager! sportif, moi? – la Piscine à Roubaix, date des années 30 et a été transformée en musée. Elle est très belle, mais l’expo de tissus est bien décevante. Visitez plutôt le MIAT à Gand. Départ, donc, pour Gent, et entrée sur les routes où tout est écrit en Flamand et les panneaux ne sont pas les mêmes. Un peu dépaysant.


Direction Bruxelles avec un objectif très précis : prendre une bière sur la grand place. Mission réussie! Ce n’était pas difficile. Petit pélerinage aux Sablons chez Pierre Marcolini qui ne fait plus de patisseries : grosse déception! Après ce petit tour rapide dans la coeur historique, comme j’ai l’intention d’être à la maison ce soir, je reprends la route.
