Ayant appris que la France comptait 5 millions d'exclus bancaires et 15 millions d'exclus du prêt immobilier, la Grameen bank a décidé d'ouvrir une filliale dans le pays des droits de l'homme. Cette banque du bengladesh a déjà sorti de l'ornière de nombreux paysans surrendettés dans son pays et a diffusé son modèle économique, qui veut que 90% de son capital appartienne aux emprunteurs, à d'autres pays comme l'Inde.
Elle s'adressera non seulement aux français déshérités, mais aussi aux étudiants étrangers invités, grâce aux nouvelles lois sur l'immigration, à passer leur master et doctorat en France. Ce public pourrait bien devenir une cible à long terme, puisqu'ils seront certainement amenés à occuper les postes de chercheurs que les français et les européens boudent à cause du salaire et des difficultés administratives.
La France représentera ainsi une véritable plateforme de formation pour les pays émergents, en échange de quoi, notre langue et sa culture s'ancreront mieux sur les rives extrême orientales.
De plus la Grameen représente une occasion formidable de cohésion nationale : à l'heure où la rupture entre "le peuple" (pour reprendre les expressions du ministre de l'intérieur) et le pouvoir, les jeunes des banlieues et la classe moyenne, etc., une banque qui responsabilise les emprunteurs les plus pauvres peut créer de la cohésion.
Evidemment, cette situation nouvelle, où un pays du G8 se trouve soudain aidé par l'un des pays les plus pauvres (on se souvient que la Bolivie avait déjà fait une proposition d'aide aux pauvres Etats-Uniens, heureusement sans suite), risque de faire perdre à la France, plus que sa place au G8, son prestige et son aura. On peut donc s'attendre à ce que les banques classiques, solidement appuyées par les politiques, habitués à l'idée du rayonnement et du prestige de la France depuis Louis XIV, fassent tout pour gêner la Grameen. Certaines sources font même état de connexions avec le lobby pharmaceutique, dont on connaît les pratiques radicales pour éliminer les opposants ou protestataires.
En tout état de cause, le marché de la pauvreté semble bel et bien mûr : l'augmentation de la "précarité, qui est le fruit d'une fléxibilité en rupture avec les traditions françaises ne peut qu'alimenter le nombre des exclus et des pauvres.