Trop c’est trop : trop d’années à regarder des séries américaines et des navets de plus en plus niais. C’est fini! Maintenant, c’est sans moi, la coupe est pleine. Assez de voir des acteurs au visage continuellement déformé par des mimiques excessives, d’entendre ces cris hystériques de copines de faculté, de s’attendrir devant ces sourires compatissants. Assez de me voir imposer, film après film, série après série, un quotidien et des références qui me sont étrangères. Soupé de ces musiques plaquées sur des images dégoulinantes de bons sentiments. Et tout ce bruit, pour quoi? Une impressionnante vacuité, un défilé de mannequins au goût insipide de papier glacé. Quelle a été la goutte de trop? Quels sont les exemples de ce “too much”? Tant pis pour eux, les deux derniers films visionnés vont payer pour leurs semblables. M.&Mrs Smith. Un Brad Pitt et une Angelina Jolie affichant un flegme anglo-saxon qui leur va à merveille se battent et se débattent dans un scénario sans imagination et sans saveur, aux péripéties poussives et sans humour (plus exactement, avec un humour décalé usé jusqu’à la corde depuis les années 50), dans une débauche devenue banale de technologie et d’effets spéciaux. Ce flegme leur permet de ne pas jouer et on se demande s’ils ont jamais été acteurs, et d’ailleurs, si l’on pense aux rôles de M.Pitt, à part trainer son image de bogosse d’un film à l’autre, qu’a-t-il fait? Qui penserait à le comparer à un Clarck Gable ou à un James Steward? Sans doute accordera-t-on à Mme Jolie le talent d’utiliser son succès et sa descendance en aidant les grands de ce monde à s’acheter une conscience. L’autre film, une mise à l’écran d’une comédie musicale basée sur les chansons du groupe ABBA, est un condensé d’américanisme affligeant. Point de flegme, les mimiques et les cris hystériques sont au rendez-vous, et sur deux générations, youpee! Mimiques d’ailleurs impossibles pour une Meryl Streep, actrice exceptionnelle à ses débuts (Sophie’s Choice), qui, telle une poupée de cire au visage ultra-lifté, gigotte désespérement pour montrer que derrière le masque, l’actrice est toujours là. Compterait-elle parmi les victimes de ce chirurgien esthétique fantasque en cavale en Espagne dont on a entendu parler dernièrement? Au lieu d’espérer me divertir, je me retrouve au bout d’une heure trente avec l’impression qu’on m’a pris pour un abruti sans même un morceau de cerveau disponible. Tout ça sans même parler des leçons de morale et de philosophie à deux balles. Donc, c’est terminé : je ne regarderai plus de navet américain, plus de comédie débiles, j’ai eu ma dose et même mon overdose. Qu’on ne vienne pas me dire que je suis un anti-américain primaire, j’aime beaucoup et je respecte la culture américaine, la vraie, pas ça.