Le rimmel un peu épais qui donne de l’éloquence au regard de cette probable assistante de direction. Une coupe à la “Murder she wrote” (Arabesques en français) : les cheveux teints en blond dorés et disciplinés par une permanente finissant en mèche de perroquet par-dessus son front. Un visage adouci par la cinquantaine, des sourcils très haut placés pour l’autorité ou l’étonnement. Un trait horizontal de lèvres légèrement rougies, des lunettes sans monture au branches dorées. Le côté doré est réhaussé par une touche de brun sur les yeux avec une écharpe assortie, posée sur une veste en peau vert foncé boutonnée jusqu’au col. Le gros livre posé sur son sac sans forme en cuir noir est maintenu par des mains aux ongles rouge sombre et aux bagues nombreuses, mais discrètes. Un mouvement soudain des sourcils au détour d’une phrase lue – qu’est-ce qui a bien pu émouvoir cette femme à la pose si droite? Soudain, elle referme son livre, range ses lunettes : le combiné sur l’oreille, elle prévient son mari qu’elle va bientôt arriver. Ses enfants sont sans doute grands : ce regard d’une femme qui ne craint pas qu’on la regarde est plein de douceur, de gentillesse et d’humanité.