“Avez-vous, pour votre bonheur, rencontré quelque personne dont la voix harmonieuse imprime à la parole un charme également répandu dans ses manières, qui sait parler et se taire, qui s’occupe de vous avec délicatesse, dont les mots sont heureusement choisis ou dont le langage est pur? Sa raillerie caresse, sa critique ne blesse point; elle ne disserte pas plus qu’elle ne dispute, mais elle se plaît à conduire une discussion,et l’arrête à propos. Son aire est affable et riant, sa politesse n’a rien de forcé, son empressement n’est pas servile; elle réduit le respect à n’être plus qu’une ombre douce; elle ne vous fatigue jamais et vous laisse satisfait d’elle-même et de vous. Sa bonne grâce, vous la retrouverez empreinte dans les choses desquelles elle s ‘environne. Chez elle tout flatte la vue et vous y respirez comme l’air d’une patrie. Cette femme est naturelle. En elle, jamais d’effort, elle n’arffiche rien, ses sentiments sont simplement rendus, parce qu’ils sont vrais…à la fois tendre et gaie, elle oblige avant de consoler. Vous l’aimez tant que, si cet ange fait une faute, vous vous sentez prêt à la justifier.”
Madame Firmiani/Balzac. Cité dans Balzac, le roman de sa vie / Stefan Zweig. – Paris : Albin Michel, 1950 (2006). p.78-79. Texte ici.