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“Avez-vous, pour votre bonheur, rencontré quelque personne dont la voix harmonieuse imprime à la parole un charme également répandu dans ses manières, qui sait parler et se taire, qui s’occupe de vous avec délicatesse, dont les mots sont heureusement choisis ou dont le langage est pur? Sa raillerie caresse, sa critique ne blesse point; elle ne disserte pas plus qu’elle ne dispute, mais elle se plaît à conduire une discussion,et l’arrête à propos. Son aire est affable et riant, sa politesse n’a rien de forcé, son empressement n’est pas servile; elle réduit le respect à n’être plus qu’une ombre douce; elle ne vous fatigue jamais et vous laisse satisfait d’elle-même et de vous. Sa bonne grâce, vous la retrouverez empreinte dans les choses desquelles elle s ‘environne. Chez elle tout flatte la vue et vous y respirez comme l’air d’une patrie. Cette femme est naturelle. En elle, jamais d’effort, elle n’arffiche rien, ses sentiments sont simplement rendus, parce qu’ils sont vrais…à la fois tendre et gaie, elle oblige avant de consoler. Vous l’aimez tant que, si cet ange fait une faute, vous vous sentez prêt à la justifier.”

Madame Firmiani/Balzac. Cité dans Balzac, le roman de sa vie / Stefan Zweig. – Paris : Albin Michel, 1950 (2006). p.78-79. Texte ici.

Portrait rapide dans le RER (1)

Le rimmel un peu épais qui donne de l’éloquence au regard de cette probable assistante de direction. Une coupe à la “Murder she wrote” (Arabesques en français) : les cheveux teints en blond dorés et disciplinés par une permanente finissant en mèche de perroquet par-dessus son front. Un visage adouci par la cinquantaine, des sourcils très haut placés pour l’autorité ou l’étonnement. Un trait horizontal de lèvres légèrement rougies, des lunettes sans monture au branches dorées. Le côté doré est réhaussé par une touche de brun sur les yeux avec une écharpe assortie, posée sur une veste en peau vert foncé boutonnée jusqu’au col. Le gros livre posé sur son sac sans forme en cuir noir est maintenu par des mains aux ongles rouge sombre et aux bagues nombreuses, mais discrètes. Un mouvement soudain des sourcils au détour d’une phrase lue – qu’est-ce qui a bien pu émouvoir cette femme à la pose si droite? Soudain, elle referme son livre, range ses lunettes : le combiné sur l’oreille, elle prévient son mari qu’elle va bientôt arriver. Ses enfants sont sans doute grands : ce regard d’une femme qui ne craint pas qu’on la regarde est plein de douceur, de gentillesse et d’humanité.

Lectures (7) Réforme de l’éducation

D’abord les principes : puisque l’instruction est libératrice des hommes, qu’elle soit aussi “universelle”, “égale” et “complète” que possible (1).  Qu’elle assure à chacun non pas l’égalité naturelle, qui n’existe pas, mais l’égalité des chances d’accéder à la connaissance : “Nous n’avons pas voulu qu’un seul homme dans l’Empire pût dire désormais : la loi m’assurait une entière égalité de droits, mais on me refuse les moyens de les connaître.” Qu’elle reconnaisse à tous le même droit au savoir (2). Qu’elle ouvre au citoyen, tout au long de sa vie, la possibilité d’aprendre et d’accroître ses connaissances (3). Instruction universelle pour les enfants, égale pour les femmes et les hommes, les pauvres et les riches (4), permanente pour les adultes : telle doit être l’éducation qu’une Nation libre proposera à ses citoyens.

[...]

L’instruction, à tous les niveaux, sera gratuite. La Nation ne doit pas monnayer le savoir. Les enfants pauvres pourront obtenir des bourses qui les mettront à égalité de chances avec les enfatns riches. Le dimanche, instituteurs et professeurs assureront au peuple des campagnes et des villes le complément d’éducation qui maintiendra vivante en chacun la flamme des Lumières. Condorcet entrevoit que le travail industriel, par la division et la répétition de ses tâches, risque de faire naître “une classe d’hommes incapables de s’élever au-dessus des plus frossiers intérêts”. Il faut donc, par une instruction continue, offrir à ces travailleurs “une ressource contre l’éffet infaillible de leurs occupations journalières”.

[...]

L’instruction doit être l’instrument privilégié de la libération de l’esprit humain. Or le risque est toujours grand qu’elle devienne au contraire le moyen privilégié, pour un pouvoir, d’asservir la pensée. Dès lors, il ne saurait y avoir d’éducation publique que libre, protégée contre tout dogmatisme, et ouverte à la raison critique. L’Instruction publique ne sera donc asservie à aucune doctrine politique (5) : c’est le principe de neutralité de l’école. Elle ne sera assujettie à aucune autorité religieuse (6) : c’est le principe de la laïcité de l’école. Elle ne sera soumise à aucun dogme intellectuel (7) ni pédagogique : c’est le principe d’objectivité de l’école. “L’indépendance de l’instruction fait en quelque sorte partie de droits de l’espèce humaine”, écrit Condorcet qui ajoute superbement : “Puisque la vérité seule est utile, puisque toute erreur est un mal, de quel droit un pouvoir, quel qu’il fût, oserait-il déterminer où est la vérité, où se troue l’erreur?” Seul le mouvement de la raison, seule la difficile recherche de la vérité ouvrent à la pensée la voie d’avancées infinies.

[...]

“Ni la Consitution française ni même la Déclaration des Droits de l’homme ne seront présentées à aucune classe de citoyens comme des tables descendues du ciel, qu’il faut adorer et croire…Tant qu’il y aura des hommes qui n’obéiront pas à leur raison seule, qui recevront leurs opinions d’une opinion étrangère, en vain toutes les chaînes auraient été brisées, en vain ces opinions de commande seraient d’utiles vérités; le genre humain n’en resterait pas moins esclave”.

(1) “Nous avons pensé que notre premier soin devait être de rendre d’un côté l’instruction aussi égale, aussi universelle, de l’autre aussi complète que les circonstances pouvaient le permettre”. Rapport, p.451

(2) Condorcet prône non seulement l’égalité des filles et des garçons devant l’éducation, mais même la mixité des écoles primaires. Rapport, p.515

(3) “Nous avons observé que l’instruction ne devait pas abandonner les individus au sortir de l’école, qu’elle devait embrasser tous les âges, qu’il n’y en avait aucun où il ne fût possible et utile d’apprendre. Rapport, p.452.

(4) “Nous avons cru que la puissance publique devait dire aux citoyens pauvres…: si la nature vous a donné des talents, vous pouvez les développer, ils ne seront perdus ni pour vous ni pour la patrie…”, Rapport, p.453.

(5) “La première condition de toute instruction étant de n’enseigner que des vérités, les établissements que la puissance publique y consacre doivent être aussi indépendants que possible de cette autorité politique”. Rapport, p.451

(6) “Il est rigoureusement nécessaire de séparer de la morale les principes de toute religion particulière et de n’admettre dans l’instruction publique l’enseignement d’aucun culte religieux…”, Rapport, p.483

(7) “Il faut oser tout examiner, tout discuter, tout enseigner même.” 5e mémoire, Rapport, p.415

Condorcet (1743-1794), Un intellectuel en politique / E.Badinter, R.Badinter. Paris : LGF, Livre de poche, 1990. p.446-450.

Voir aussi :

Rapport et projet de décret sur l’organisation générale de l’instruction publique : présentés à l’Assemblée nationale, les 20 et 21 avril 1792 par M. Condorcet :http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k488703.chemindefer

La version texte de ce rapport : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k87996n

Avis aux professeurs de français!

Conversation perçue ce matin dans les transports : Un jeune lycéen raconte le dernier épisode d’une série télévisée à un autre qui n’a pas pu le voir. Les expressions de surprise fusent, une véritable passion anime les deux jeunes. Et chacun de raconter l’historique de tel ou tel personnage : et celui-là qui a eu un enfant, puis est devenu gay, finalement il ne l’était pas, ensuite il s’est drogué, maintenant il est amoureux de sa soeur, mais il ne sait pas que c’est sa soeur, quoi? Il l’a embrassée? Dingue! Je comprends que ces lycéens et leurs camarades  regardent à tour de rôle afin de pouvoir raconter à ceux qui n’ont pas pu être devant leur téléviseur. Fin de la conversation: “je ne vois pas ce que je vais faire en classe, je n’ai pas fait ma dissertation, donc je n’ai rien à rendre”!

Chers professeurs de français, vous désespérez de faire plancher vos élèves sur des sujets académiques? Changez de méthode : faites-leur résumer l’épisode de la série de la veille, écrire la biographie mouvementée d’un de ses personnages, adopter différents genres : le roman, la nouvelle, le magazine télé, le scénario. Pimentez les contraintes : 2 lignes dans le style du Monde Télévision, une double page d’un magazine télé, etc.

Voici un petit lien pour vous mettre à la page : http://www.serietele.com/. Mais vous avez peut-être une série préférée?

Moscou 1992-2008

Que devient Moscou? Certes, ce choix de photos n’est pas des plus représentatifs, mais ce jeu des 7 différences entre 1992 et 2008 ne se veut pas une démonstration scientifique!

Place Pouchkine, côté rue Tverskaya. Ici, peu de changement sauf un pendule qui disparaît, un disque rond qui apparaît et une publicité pour une boisson américaine qui disparaît!

Direction Detsky Mir (magasin pour enfants) et au fond, le bâtiment du KGB (aujourd’hui le FSB), qui a fait trembler si longtemps. Vu d’ici, quasiment rien n’a bougé. On remarquera, outre le Suchi-bar (il y en a des centaines aujourd’hui), le style vestimentaire et le nombre et le type de voitures, bien différents il y a 16 ans.

Non loin de là, le musée d’Histoire de la Russie (l’édifice rouge au centre ci-dessous), qui appelle les mêmes commentaires sur les voitures, qui n’ont d’ailleurs plus accès à la partie devant le musée. C’est maintenant piétonnier et abrite un immense centre commercial luxueux sur trois niveaux en souterrain . Le bâtiment qui pointe à gauche est l’hôtel Moscou qui, entre les deux photos, a été complètement détruit et reconstruit à l’identique (!). La reconstruction n’est d’ailleurs pas terminée, d’où les échaudages masqués. A gauche du musée, on n’aperçoit plus, au fond de la place Rouge, l’église Saint-Basile et ses bulbes caractéristiques, mais des Portes qui ont été reconstruites, et qui n’y étaient plus depuis des décennies. Même sans les Portes, on ne verrait pas non plus aujourd’hui, comme sur la photo ancienne, poindre tout au fond derrière l’église St-Basile, l’hotel Rossia, qui est en cours de démolition (définitive, celle-là!). Mais devant le musée, la statue du maréchal Joukov (héros de la Seconde Guerre Mondiale) est apparue.

Et voici un changement on ne peut plus étrange. Cette porte, située non loin de la place Rouge, était rouge, elle est devenue jaune, soit. L’entrée de gauche, qui était près du porche, est maintenant sous la troisième arcade en partant de la gauche. Pourquoi pas. Mais voilà qu’elle est maintenant flanquée d’une fausse ruine de muraille qui fait pendant à la vraie qui se trouvait déjà à droite il y a 16 ans! Et ainsi, la modernité crée (ou invente?) l’histoire…

Pas d’épilogue ni de morale, juste une petite démonstration pour dire qu’une ville qui vit change, des choses apparaissent et disparaissent, des vérités historiques se créent ou se recréent. Faut-il s’en lamenter?

Souvenons-nous qu’à Paris il y a un peu plus de cent cinquante ans, il n’y avait pas de bâtiments haussmaniens, pas de Tour Eiffel, Chaillot et Montmartre étaient des villages de campagne…

Mama mia!

Trop c’est trop : trop d’années à regarder des séries américaines et des navets de plus en plus niais. C’est fini! Maintenant, c’est sans moi, la coupe est pleine. Assez de voir  des acteurs au visage continuellement déformé par des mimiques excessives, d’entendre ces cris hystériques de copines de faculté, de s’attendrir devant ces sourires compatissants. Assez de me voir imposer, film après film, série après série, un quotidien et des références qui me sont étrangères. Soupé de ces musiques plaquées sur des images dégoulinantes de bons sentiments. Et tout ce bruit, pour quoi? Une impressionnante vacuité, un défilé de mannequins au goût insipide de papier glacé. Quelle a été la goutte de trop? Quels sont les exemples de ce “too much”? Tant pis pour eux, les deux derniers films visionnés vont payer pour leurs semblables. M.&Mrs Smith. Un Brad Pitt et une Angelina Jolie affichant un flegme anglo-saxon qui leur va à merveille se battent et se débattent dans un scénario sans imagination et sans saveur, aux péripéties poussives et sans humour (plus exactement, avec un humour décalé usé jusqu’à la corde depuis les années 50), dans une débauche devenue banale de technologie et d’effets spéciaux. Ce flegme leur permet de ne pas jouer et on se demande s’ils ont jamais été acteurs, et d’ailleurs, si l’on pense aux rôles de M.Pitt, à part trainer son image de bogosse d’un film à l’autre, qu’a-t-il fait? Qui penserait à le comparer à un Clarck Gable ou à un James Steward? Sans doute accordera-t-on à Mme Jolie le talent d’utiliser son succès et sa descendance en aidant les grands de ce monde  à s’acheter une conscience. L’autre film, une mise à l’écran d’une comédie musicale basée sur les chansons du groupe ABBA, est un condensé d’américanisme affligeant. Point de flegme, les mimiques et les cris hystériques sont au rendez-vous, et sur deux générations, youpee! Mimiques d’ailleurs impossibles pour une Meryl Streep, actrice exceptionnelle à ses débuts  (Sophie’s Choice), qui, telle une poupée de cire au visage ultra-lifté, gigotte désespérement pour montrer que derrière le masque, l’actrice est toujours là. Compterait-elle parmi les victimes de ce chirurgien esthétique fantasque en cavale en Espagne dont on a entendu parler dernièrement? Au lieu d’espérer me divertir, je me retrouve au bout d’une heure trente avec l’impression qu’on m’a pris pour un abruti sans même un morceau de cerveau disponible. Tout ça sans même parler des leçons de morale et de philosophie à deux balles. Donc, c’est terminé : je ne regarderai plus de navet américain, plus de comédie débiles, j’ai eu ma dose et même mon overdose. Qu’on ne vienne pas me dire que je suis un anti-américain primaire, j’aime beaucoup et je respecte la culture américaine, la vraie, pas ça.



1er jour

J’arrive dans l’après-midi à Azay-le-Rideau, où le château, tel un écrin, est posé sur un miroir d’eau. Je plante ma tente à côté et pars faire une petite promenade dans Azay pour répérer les lieux. J’irai peut-être voir le Sons et Lumières. Au bord de l’Indre, je retrouve une buvette – rendez-vous des amoureux de la pêche – où on avait pris un thé l’an dernier, j’y retournerai sans doute. Azay s’étend le long du fleuve sur une assez grande distance. Après avoir découvert un vieux cinéma art déco, je rebrousse chemin, renonce au Son et Lumières (j’aurais quand même droit, volens non volens, au Son…).


2e jour

Départ pour Saché. L’Office de tourisme m’ayant procuré des cartes pour une somme modique, je me mets en route à travers champs pour me rendre au château des Margonne, chez qui Balzac a fait plusieurs séjours et où il aurait écrit une grande partie de son roman « Le Lys dans la Vallée ».

Je quitte rapidement la route pour monter par un chemin, et découvre quelques anciennes maisons troglodytes qui servent aujourd’hui d’entrepôt. En haut de la colline, j’entre dans une forêt qui s’étend jusqu’à Saint-Benoît, mais ce n’est pas ma route, je longe l’orée de ce bois et me trouve entre deux longues rangées de bois coupés posés sur une hauteur de trois mètres !

Très beau passage qui s’ouvre ensuite sur une belle vallée. Je suis mon chemin qui sépare les champs sur la crête de la colline. La récolte de blé a eut lieu. Au loin, sur la colline d’en face, un corps de ferme. Soudain, au bord du chemin, une loge de vigne, petite maison destinée à abriter les paysans pendant leur pause. Elle est ouverte et un peu délabrée. Mon chemin descend et remonte les collines, découvrant devant moi de nouveaux champs à arpenter, de nouveaux paysages avec un ciel immense. Ce jour-là, je dirai bonjour aux premières vaches et chevaux, les tournesols, dont les champs s’étendent à perte de vue, m’accompagneront souvent. Un arbre isolé me tiendra compagnie pour le casse-croûte. J’apprécie le silence : pas de voitures, juste le bruit de la campagne : frelons, oiseaux, vent dans les branches des arbres, rien d’autre ne vient troubler la tranquille nature cet après-midi, si ce n’est le bruit de mes pas.

Les cartes de l’Office étant partielles, je me perds un peu mais au moment où je m’y attendais le moins, je me retrouve à Saché. Un petit pique-nique avant de visiter le « château » qui est un grand manoir. Dans le jardin, je découvre une chenille aux couleurs incroyables, vert et orange vifs comme certains objets en plastique. Mais cette chenille est bien vivante et se repose sur de l’aneth. Un rosier somptueux me sert de cadre pour prendre en photo le lieu.

Me voici plongé dans les années 1830, en plein romantisme, avec cette visite. Balzac, d’ailleurs, marchait aussi beaucoup, puisqu’il lui arrivait de faire les 24 kilomètres depuis Tours à pied. Le décor du Lys se trouve être en fait entre Saché et Pont de Ruan, à trois kilomètres. Je n’arriverai jamais à Pont de Ruan, mais ce n’est pas grave.

Le retour est plus pénible : croyant être arrivé par l’Ouest, je pense repartir vers le Nord car je veux traverser l’Indre et peut-être pousser vers l’un des châteaux qui a inspiré Balzac. Or, je suis arrivé par le Sud et me retrouve donc parti vers l’Ouest ! Etonné de ne pas trouver l’Indre, je perds beaucoup de temps à…me perdre, ce qui me fatigue. Je comprends enfin où je suis et décide de reprendre à travers champs, la départementale étant bruyante et désagréable. Las ! Je me perds à nouveau et retrouve la départementale. Je comprends que je n’aurai pas assez d’énergie à chercher un autre chemin, je rentre donc tout droit jusqu’à Azay.

Le soir, je décide de voir le Sons et Lumières, afin au moins de connaître ce qui m’empêche de dormir. Rien de bien exceptionnel, et une petite pluie fine n’arrange pas l’affaire, mais un joli parcours à faire quand même et l’éclairage fait ressortir la finesse des fenêtres.

3e jour

La journée commence très bien : d’abord, je décide de m’offrir un bon petit déjeuner dans un salon de thé chocolaterie et je ne le regrette pas, pour une somme modique. Ensuite, je me muni d’une vrai carte IGN et décide d’aller voir ces châteaux en face de Saché que je n’avais pu voir la veille.

Je prends mes chemins de campagne, mais cette fois, sur la rive droite de l’Indre. Il y a plus de forêt, un peu moins de tournesols et beaucoup de vergers et quelques vignes. La route est très agréable et offre une vue fantastique sur la vallée de l’Indre. A mi-chemin je trouve un bosquet de pins, chose rare par ici où il y a essentiellement des feuillus. Nous sommes à côté des Goupillères, un village moyen-âgeux troglodyte reconstitué. La visite est passionnante.

A nouveau la nature, son calme et son silence. Le chemin qui suit m’amène en haut d’un immense champ de tournesols qui surplombe l’Indre qu’on devine derrière les maisons. Je descend puis je continue à travers un bois tellement touffu qu’on ne sait pas s’il y a des nuages ou s’il fait grand soleil, au-dessus. Au sortir du bois, on découvre le château, une batisse cossue et élégante sans doute habitée par un notable.

En redescendant vers Saché, je traverse l’Indre et elle a une couleur si belle, l’eau est si transparente que je ne résiste pas à l’envie d’y piquer une tête clandestinement. L’eau n’est pas plus froide que la douche du camping, un vrai bonheur. Comme je ne sais pas si la baignade est autorisée ou non, je repars vite vers Saché où je fais une courte pause avant de reprendre, cette fois sans me perdre, le chemin vers Azay. Le plaisir est toujours aussi intense, de marcher sur ces chemins bordés de champs et de pâturages. Mais le paroxysme est atteind lorsque, ayant gravi une colline, j’aperçois, au fond d’un champs, près d’un bosquet, deux biches, ou deux faons, qui ne m’ont pas flairé à cause du vent. J’ai donc tout le temps d’admirer leurs silhouettes avant qu’elles ne s’enfuient finalement. Je retrouve avec plaisir ensuite le bout de chemin traversé la veille dans l’autres sens avec la loge de vigne. Je m’arrête au bar du bord de l’Indre avant de regagner mes pénattes, content de ma journée.

4e jour

Après maintes hésitations, étant totalement libre de mon emploi du temps, je décide de lever le camp et de me poser du côté de chenonceau. Cela me fera une pause salutaire, car mes chaussures de randonnées ont endolori ma cheville gauche au point que je ne saurais les remettre aujourd’hui.

Cette journée sera médiévale ou ne sera pas, et vive Walter Scott, premier inspirateur du jeune Balzac alias lord R’Hoone : Langeais, son ancien donjon, son château « faux Moyen-Age » meublé avec soin par un passionné, une petite pause à Pont-de-Ruan, une sieste à Monts, une visite du Donjon de Montbazon. Etrangement, toutes les visites guidées que je fais se recoupent autour de Foulcques Nerra, Anne de Bretagne et ses maris. Une belle harmonie.

Je remonte vers le Cher en prenant les routes à travers champs, mais ça m’a l’air moins joli par ici. Je m’arrête peu avant Chenonceau, à Bléré et une fois la tente installée, le soleil se couchant, je décide d’aller jusqu’à Chenonceau à pied le long du Cher. Quelle lumière m’offrent le soleil et ce fleuve ! Ici aussi, on se baignerait avec plaisir. Le chemin est un peu monotone et je suis parti tard. Je passe un pont, une écluse, puis le fleuve soudain se rétrécit et forme une courbe au détour de laquelle, alors qu’on vient d’entrer dans une forêt dense, on découvre ce château posé presque à même le fleuve. Tout est délicat, fin, dans les traits de cette demeure. Devine-t-on la fenêtre de la chambre d’Anne de Bretagne, tout en haut ? Le Château est maintenant éclairé pour le Sons et Lumières. De l’autre côté, le fameux cabinet de Catherine de Médicis.

Plein de rêves, je rebrousse chemin dans un obscurité quasi complète. Seul le fleuve retient les dernières lueurs du jour et me sert de guide tel un fil d’argent sur ma droite. Puis je sors du bois et je guette la lune, haut sur ma gauche. Elle est voilée, mais on y voit assez, le sol étant assez clair. Je passe un bosquet obscur et soudain, une forte lumière illumine ma route. Je pense à un réverbère planté au loin, sur la route parallèle qu’empruntent les voitures et je me retourne. Non, c’était la lune, bienveillante, qui semblait vouloir me guider. Le fleuve, lui devenait noir derrière la rive. Je me suis arrêté à un endroit que j’avais repéré pour une éventuelle baignade nocturne : un arbre imposant plongeait plusieurs rangées de racines parallèles au fleuve, formant comme un escalier vers l’eau. Je m’assit sur l’une d’elle. Il faisait trop sombre pour se baigner. Cette étendue noire était inquiétante et si, en goûtant l’eau de ma main, une main sortie du tréfonds m’aggripait ? Je me faisais peur. Je regardais l’arbre. Immense, majestueux. Etait-il là pour imposer de son énorme masse ou pour rassurer ? Combien de temps resterait-il ainsi accroché à cette rive ? Peu importait, il était là, simplement. Cette pensée me traversait l’esprit quand la lune reprit soudain de son éclat. Elle semblait m’appeler à reprendre mon chemin. Et c’est plein de ces impressions et émotions que je me couchais, heureux.

5e jour

Ayant accompli mon périple à Chenonceau, je n’avais pas de but de promenades à faire qui justifiait que je reste une nuit de plus et je n’avais pas non plus de carte correcte pour cette zone. Je décidais donc de terminer là et de rentrer en faisant un saut par Chaumont-sur-Loire, m’asseoir sur la souche de cèdre et rêver au temps des chevaliers.

Mais j’ai été victime d’une prise d’otage culturelle : racheté par le conseil régional l’an dernier, le site est devenu payant, un certain Alexandre Chémétoff s’est payé (ou fait payer) le luxe de déplacer du sable de la Loire pour l’y remettre ensuite promet-il, disent les écriteaux, et surtout, il égalise Ma souche de cèdre et en coupe de gros morceaux qu’il dispose à droite et à gauche sur l’herbe ! Et je suis sensé applaudir à cette oeuvre d’art ! Il a pris en otage une souche qui ne révélait ses secrets qu’à ceux qui s’en approchaient pour s’y assoir. Imperceptiblement d’abord, le promeneur sentait dans l’air un odeur particulière, agréable, et se rendait compte ensuite qu’il était assis sur la souche d’un cèdre (deux fois centenaire) dont l’essence continuait de dégager une odeur merveilleuse. Mais voilà qu’un artiste sans doute plein de relations (à défaut de talent ?) la taille en morceaux, la badigeonne de couleur orange et déclare, « c’est une oeuvre d’art » !

Une fin très romantique en somme, où l’on fait le deuil d’une époque bien révolue ! Me voici plongé dans la nostalgie la plus profonde de ce temps où l’on pouvait approcher, le soir, du château sans avoir à payer, pour en faire le tour clandestinement, toucher la souche sacrée, rêver et être en intimité avec l’âme de ce lieu magique. Finalement, l’art moderne m’a permis de rester en harmonie avec le romantisme de ces jours derniers avant de regagner la capitale.

Merci à mon sony ericsson w810i pour ses belles photos et à moi-même le photographe!

Lectures (7)

Amour

“- J’ai tremblé de tous mes membres en entendant le son de ta voix qui est venu frapper mon coeur telle une lumière fulgurante. Ce fut comme si un oiseau merveilleux, descendu du ciel, avait d’un coup d’aile emporté mon éternité. Si j’avais pu me fâcher contre l’audace inimaginable de cette jeune fille inconnue, le ferry de ce jour-là ne m’eût pas amené à ce débarcadère si peu propice. Jusqu’à la fin, ma vie se serait écoulée dans une rue passante d’un quartier bourgeois. Mais mon cœur fut comme une allumette humide, et le feu de la colère ne s’y alluma pas. L’orgueil étant la principale qualité de mon caractère, j’ai donc eu l’impression que si je n’avais pas plu à cette jeune fille, elle ne serait pas venue spécialement me réprimander, et que la propagande en faveur du khadi n’était qu’un prétexte. Dis-moi si je me trompais?”

- [...] De toute ma vie, je n’ai jamais fait connaissance de façon aussi étonnante, si brutale, et pour toujours. Je me suis demandé d’où venait cet homme d’un pays si lointain, qui n’était pas fait sur le modèle des autres, un lotus à cent pétales parmi les algues. Alors je me suis juré d’attirer ce jeune homme si précieux, pas seulement vers moi, mais vers nous tous.”(p.68-69)

Nationalisme

“Je ne suis pas patriote comme ceux que, vous, vous appelez patriotes. Ceux qui ne reconnaissent pas ce qu’il y a de plus grand que le patriotisme montent sur leur patriotisme comme sur le dos d’un crocodile qu’ils prennent comme un bateau apte à leur faire traverser le fleuve. Mensonges, bassesses, soupçons, conspiration pour le pouvoir, espionnage, tout cela les plongera un jour dans la vase. Je m’en rends parfaitement compte. Au milieu de ce monde affreux, au fond d’un trou, soumis constamment au vent empoisonné des mensonges, je ne pourrai jamais préserver mon humanité sans laquelle aucune grande entreprise ne peut être accomplie sur cette terre.

- Ecoute, Antu, ce que tu appelles suicide de l’âme, ne le trouve-t-on que dans notre pays?

- Je n’ai pas dis ça. De nos jours, les nationalismes de la terre entière proclament, avec des hurlements bestiaux, l’effroyable mensonge selon lequel on peut sauver la vie d’un pays en tuant son âme. Mon coeur est dévasté par une intorlérable protestation que je ne puis exprimer.” (p.120)

Mort et temps

“Le présent est une chose vile qui prononce de grands mots par sa petite bouche. Il nous fait peur avec son masque, comme si nous étions des enfants que l’on fait danser dans le giron de l’instant. La mort arrache brutalement les masques. La mort n’exagère pas. Ce que j’ai désiré, intensément, portait une étiquette de prix écrit en gros chiffres avec la plume trompeuses du présent, et sur ce que j’ai perdu, affreusement, une encre récente y a inscrit une douleur infinie. Ce sont des mensonges! La vie est un faussaire, elle fait un faux avec l’écriture de l’éternité qu’elle veut faire circuler. La mort arrive en riant, elle annule le faux document. Son rire n’est pas moqueur, il n’est pas sarcastique, c’est un rire paisible et beau comme celui de Shiva, à la fin de la nuit d’égarement

[...]

La mort est ce qu’il y a de plus certain, l’océan suprême de tous les cours d’eau de la vie, l’harmonie finale de tous les mensonges et de toutes les vérités, de tout le bien et de tout le mal..” (p.130)

Quatre chapitres / R.Tagore (trad:F.Battacharya). Paris: Zulma, 2005.

Mauvaise haleine? L’halitose

La mauvaise haleine

(Attention : ce post est exceptionnellement très, très, très long, mais il peut servir :-) )

(Cet article est la traduction de l’article suivant : http://www.stomatolog-moscow.ru/modules.php?name=News&file=article&sid=15 et http://www.mariamm.ru/doc_574.htm

Je ne suis en aucun cas un expert.)

Elle est le résultat d’une maladie aussi connue sous le nom de « halitose ». Ce problème est loin d’être insoluble. Les méthodes de guérison sont très simples et efficaces, il suffit simplement de bien identifier la cause de l’apparition de cette mauvaise haleine. Dans la plupart des cas, elle apparaît du fait d’une accumulation sur la langue, autour des dents et entre les dents, d’une grande quantité de bactéries anaérobiques.

Avez-vous mauvaise haleine ?

Votre haleine « sent »-elle normalement ? Vous n’en n’êtes pas sûr ? Bien sûr, dans certaines circonstances, chacun d’entre nous peut à un moment donné avoir mauvaise haleine, mais nous ne pouvons nous en rendre compte que par la réaction des gens qui nous entourent.

Il est souvent difficile de savoir si on a mauvaise haleine, avant tout parce que la cavité buccale, qui en est à l’origine, est reliée au nez par un orifice situé à l’arrière de la cavité, au niveau du palais mou et comme le nez « filtre » les odeurs qui viennent de l’arrière de la bouche, il filtre en même temps cette mauvaise odeur. Autrement dit, il se peut que vous ayez mauvaise haleine, mais que vous ne le sentiez pas.

Comment savoir ?

Si même nos nez ne peuvent nous aider à déterminer quelle odeur nous dégageons, alors comment faire pour le savoir quand même ? L’un des moyens est de demander à son entourage proche, parent ou ami, ou bien à l’occasion d’une visite, vous pouvez demander à votre dentiste. Si cette question est délicate à vos yeux et que vous ne voulez pas vous en ouvrir à des adultes, alors demandez à vos enfants. La vérité sort de la bouche des enfants, c’est bien connu !

Peut-on sentir sa propre haleine?

Il y a des moyens connus. Par exemple, lécher votre poignet, laissez la salive sécher 5 secondes environ et sentez ensuite. Alors ? C’est à peu près comme ça que vous sentez. Ou plus exactement, c’est comme ça que sent l’avant de votre langue.

Et maintenant, essayez de déterminer comment sen la partie arrière de votre langue. Prenez une cuillère, retournez-là et grattez à l’aide de cette cuillère la partie la plus en arrière possible de votre langue (ne vous étonnez pas si vous avez l’impression que vous allez vomir, arrêtez vous avant). Regardez ce que vous aurez récupéré sur la cuillère, en général, c’est épais et blanc. Maintenant sentez-le. C’est cette odeur là qui fait votre haleine (à la différence de l’odeur du bout de la langue), c’est ce que votre entourage sent.

La raison principale de la mauvaise haleine, c’est…

Maintenant vous savez que dans la majorité des cas, l’origine de la mauvaise haleine est la substance blanche qui recouvre l’arrière de votre langue. Plus exactement, ce sont les bactéries installées dans cette substance (une autre raison très répandue sont les bactéries qui se nichent dans d’autres régions de la cavité buccale).

Qu’est-ce qui provoque ou renforce une mauvaise haleine ?

Nombre de ces facteurs sont liés à :

- Aux bactéries de la cavité buccale

- Aux conditions de développement de ces bactéries

- A un nettoyage imparfait des régions où elles se développent.

La nourriture peut-elle être à l’origine de la mauvaise haleine ?

Certains aliments ont depuis longtemps la réputation de provoquer une haleine désagréable, par exemple l’oignon et l’ail. Pendant la digestion, les molécules de ces aliments sont assimilés par notre organisme et ressortent par le flux sanguin. Certaines de ces molécules, qui ont une odeur très caractéristique et désagréable, passent du système sanguin aux poumons. Elles ressortent des poumons avec la respiration, d’où la mauvaise haleine provoquée. Bien que la mauvaise haleine produite par ces aliments soit un problème regrettable, il ne sera pas traité ici. Cette mauvaise haleine, en générale, disparaît au bout d’un jour ou deux, lorsque l’organisme a expulsé toutes les molécules « malordorantes ». Et il est assez simple de se débarrasser de cette mauvaise odeur en supprimant ou en réduisant au minimum l’emploi de ces aliments dans sa nourriture.

Fumer favorise-t-il la mauvaise haleine ?

Vous avez certainement déjà rencontré de grands fumeurs dont l’haleine a une odeur spécifique. De nombreux facteurs influence l’odeur de l’haleine : la nicotine, le goudron et d’autres composants malodorants. Ces substances se fixent sur les dents et les muqueuses de la bouche du fumeur : les gencives, le palais mou, la langue. Nous ne traiterons pas non plus de la lutte contre cette odeur ici. Encore une fois, le meilleur moyen de s’en débarrasser, c’est de s’arrêter de fumer (bien qu’une bonne hygiène buccale peu réduire les effets). Remarquons également que fumer assèche les tissus et de ce fait, réduit la fonction d’humidification et de désinfection de la salive, qui évacue les bactéries. Nous abordons la sécheresse de la bouche un peu plus bas. L’infection des gencives et sa relation avec l’haleine sont décrites plus bas.

La xérostomie (sécheresse de la bouche) favorise-t-elle la mauvaise haleine ?

Même si vous n’avez pas particulièrement de problèmes d’haleine, vous avez dû remarquer que souvent, au réveil, votre haleine n’est plus si fraîche. Cela vient du fait que pendant la nuit, notre bouche s’assèche. En effet, pendant la nuit, notre organisme produit moins de salive. Cette « haleine du matin » est le résultat de ce déssèchement. Les enseignants ou les avocats, qui doivent parler pendant des heures souffrent souvent de ce même effet du dessèchement. Certaines personnes souffrent d’une bouche sèche de façon chronique, c’est une maladie qui s’appelle la xérostomie. Il leur est encore plus difficile de lutter dontre la mauvaise haleine car l’humidité favorise le « nettoyage » de la bouche. De plus, la salive dissout et évacue les bactéries et ce qu’elles produisent dans la bouche.

La salive est une méthode particulière d’humidification de la bouche, c’est une sorte de nettoyant naturel de la bouche. L’humidité, quelle qu’elle soit a un effet nettoyant et dissolvant, mais la salive contient des composants ayant la particularité de tuer les bactéries et de neutraliser ce qu’elles produisent. Lorsque la bouches est sèche, l’effet bénéfique de la salive est fortement réduit. La neutralisation des bactéries se ralenti ce qui améliore les conditions de leur développement. Le déssèchement chronique de la bouche – la xérostomie – peut venir d’un effet secondaire de la prise de médicaments. Les antihistaminiques (contre l’allergie et le rhume), les antidépresseurs, les régulateur de tension, les diurétiques, les tranquilisants, les narcotiques peuvent provoquer une xérostomie. La sécheresse de la bouche peut aussi augmenter avec l’âge. Avec le temps, nos glandes salivaires n’ont plus la même efficacité et leur composition change. Leur puissance nettoyante diminue. Les gens qui souffrent depuis longtemps de xerostomie peuvent avoir des infections aux gencives, ce qui peut aussi provoquer une mauvaise haleine.

La parodontose peut-elle donner une mauvaise haleine ?

La parodontose, que l’on nomme souvent « infection des gencives » ou « gingivite » peut également donner une mauvaise haleine. Vous pouvez demander à votre dentiste : l’odeur qui se dégage lorsque les gencives sont infectées est très spécifique, et on peut diagnostiquer une parodontose avant même d’avoir commencé l’examen du patient. La parodontose est la deuxième cause la plus répandue de mauvaise haleine (la première, rappelons-le, est l’accumulation de bactéries). Le plus souvent, ce sont les personnes de plus de 35 ans qui en souffrent. Autrement dit, plus la personne est âgée, plus il y a de chances que la mauvaise haleine provienne d’un problème aux gencives. La parodontose est une infection des tissus mous qui entourent les dents. Si on laisse une infection de ce genre se développer, cela peut conduire à une dégradation grave de l’os dans lequel les dents sont « fixées ». Souvent, si cette infection progresse, on constate la formation de cavités entre la dent et la gencive (les dentistes l’appellent « poche parodontale ») dans lesquelles s’accumulent les bactéries. Ces cavités sont parfois si profondes qu’il est difficile de les nettoyer correctement et ce que produisent ces bactéries provoquent une mauvaise odeur.

La mauvaise haleine peut-elle provenir d’une maladie des organes liés à la respiration ?

Bien entendu. Les maladies des voies respiratoires supérieures, les allergies, toutes ces maladies font que les muquosités sécrétées s’écoulent du nez vers la cavité buccale à travers l’orifice qui les relis au niveau du palais mou. L’accumulation de ces sécrétions dans la bouche peut être à l’origine de la mauvaise odeur.

Les personnes qui souffrent d’une maladie des sinus ont souvent le nez plein, ce qui les oblige à respirer par la bouche. En respirant par la bouche, on favorise son dessèchement ce qui favorise, comme nous l’avons vu, une mauvaise haleine. Souvent, pour lutter contre ces maladies, on prend des antihistaminiques (antiallergiques) qui assèchent aussi la bouche.

Quelles sont les infections de la bouche (parodontoses) qui peuvent donner une mauvaise haleine ?

Dans la plupart des cas, la mauvaise haleine est directement liée à différentes infections de la cavité buccale. N’importe quelle infection active de la bouche, liée, par exemple, à un abcès ou à une dent de sagesse qui commence à pousser peuvent provoquer une mauvaise haleine. Les bactéries et les les restes de nourriture peuvent se nicher dans les caries non traitées. Si vous êtes atteints de l’une de ces infections, votre dentiste les repérera à l’examen et vous proposera des soins appropriés.

D’autres maladies non traitées peuvent elle provoquer une mauvaise haleine ?

Certaines maladies des organes internes peuvent être à l’origine d’une mauvaise haleine, bien que la raison la plus fréquente soit une accumulation de bactéries dans la bouche. Si le patient a essayé toutes les méthodes habituelles de lutte contre la mauvaise haleine sans résultat, il peut lui être utile de voir son généraliste. Votre médecin saura diagnostiquer votre maladie, mais pour information, la mauvaise haleine peut être provoquée en cas de maladie des voies respiratoires, du foie, des reins, et de l’appareil digestif.

Les prothèses dentaires peuvent-elle être à l’origine de la mauvaise haleine?

Les prothèses dentaires (de tous types) peuvent avoir une grande influence sur la fraîcheur de votre haleine. Si vous avez une prothèse, vous pouvez tester facilement vous même le rôle qu’elle joue pour votre haleine.

Retirez votre ou vos prothèses et enfermez-les dans une boite. Fermez bien et laissez-les à l’intérieur pendant cinq minutes. Ensuite, ouvrez la boite d’un coup devant votre nez et sentez l’odeur qui s’en dégage. C’est à peu près ce que sentent les gens à qui vous parlez.

Bien que dans la plupart des cas, la mauvaise haleine apparaît suite à l’accumulation de bactéries sur la langue, les dents et autour des dents (infection des gencives), les bactéries peuvent aussi s’accumuler sur la surface des prothèses dentaires ce qui provoque également une mauvaise haleine.

Quelle est donc la principale raison d’une mauvaise haleine?

Dans la majorité des cas, la mauvaise haleine apparaît en fonction de l’état de la cavité buccale. La mauvaise odeur elle-même provient des bactéries qui s’y trouvent. Les bactéries, comme les hommes, se nourrissent, digèrent et ont des sécrétions. Les sécrétions produites par certaines bactéries sont des composés sulfurés qui sont à l’origine de la mauvaise odeur. Rappelez-vous l’odeur d’un oeuf pourri : cette odeur est provoquée par la formation, dans l’oeuf d’un composé sulfuré : l’hydrogène sulfuré. Le compost ou le fumier doivent également leur « fumet » à un composé sulfuré : le méthanethiol. Ces deux composés sont également produits par les bactéries qui sont dans notre bouche. Ces substances portent le nom de composés sulfurés volatiles (CSV). Le terme « volatile » signifie que ces substances s’évaporent vite, même à des températures normales. Leur volatilité explique aussi la facilité qu’elles ont à se répandre dans les nez, si l’on peut dire, des gens qui nous entourent. Bien que ces composés soient la principale origine de la mauvaise haleine, les bactéries qui se nichent dans la cavité buccale sécrètent d’autres substances dont l’arôme n’a rien de plaisant. En voici certaines :

- la cadavérine – comme son nom l’indique, provoque un odeur de cadavre.

- la putrescine – a la puanteur d’une viande en putréfaction.

- « scatole » – composant principal de l’odeur de la matière fécale humaine.

[Note de Lexote : on trouve aussi : P. endodontialis, B. forsythus, F. nucleatum, P. micros, P. intermedia, P. gingivalis, T. denticola, mais aussi des entérobactéries (Klebstella, Escherichia et Enterobacteriaciae. Cf http://www.atoute.org/n/forum/showthread.php?t=41459&page=3 ]

Vous pourrez être passablement surpris de voir que l’on puisse trouver un tel « bouquet » de mauvaises odeurs dans une bouche ordinaire, mais c’est ainsi et les exceptions, hélas, n’existent pas. Chaque être humain possède, à un degré plus ou moins grand, ces « arôme », si l’on peut employer ce mot. Heureusement, l’odorat humain ne perçoit pas ces odeurs si elles sont en très petite concentration. Ce n’est que quand cette concentration augmente que se forme cette fameuse mauvaise haleine.

Quels types de bactéries provoquent la mauvaise haleine ?

La plupart des composés chimiques qui dégagent une mauvaise odeur (l’hydrogène sulfuré, le méthanethiol, la cadavérine, la putrescine et la « scatole ») sont produits par des bactéries anaérobiques (leur nom exact est anaérobies gram-négatifs). Le terme « anaérobie » signifie qu’elles vivent et se multiplie le mieux là où il n’y a pas d’oxygène. Dans nos bouches se déroule une lutte continuelle pour un espace vital, entre les bactéries qui produisent les substances malodorantes et les autres. La fraîcheur de notre haleine dépend, à proprement parler, de l’équilibre entre ces deux types de bactéries. L’accumulation de dépôt dentaire (film blanc qui se forme sur la langue et sur les dents au-dessus des gencives et au dessous) peut changer cet équilibre en faveur des bactéries malodorantes. Il faut comprendre qu’une couche de dépôt de l’épaisseur d’un ou deux dixièmes de millimètres (soit l’épaisseur d’un billet de banque) ne contient plus du tout d’oxygène, ce qui veut dire que c’est un terrain idéal pour les bactéries malodorantes. Ce qui veut dire qu’à chaque fois qu’on expire de l’air, celui-ci contient de plus en plus de composés produits par ces bactéries.

De quoi se nourrisent les bactéries anérobiques qui produisent la mauvaise haleine ?

La plupart des substances malodorantes qui forment la mauvaise haleine sont produites par des bactéries qui se nourrisent d’albumine. C’est-à-dire lorsque nous mangeons des aliments comme la viande ou le poisson, ces bactéries reçoivent leur part de nourriture. Et lorsqu’elles se sont nourries, elle produisent ces substances. Les bactéries anaérobiques trouvent l’albumine –leur nourriture préférée – dans n’importe quoi, y compris dans le cheeseburger que vous venez de manger. En dehors de cela, elles trouvent dans notre bouche des ressources « naturelles » d’albumine : dans les cellules mortes de la peau intérieure et en nombre dans les composants de la salive. Si vous ne vous brossez pas souvent les dents et n’utilisez pas de fil dentaire, alors pour ces bactéries, votre bouche est un vrai festin, grâce aux restes du petit-déjeuner, du dîner de la veille, de déjeuner de l’avant-veille, etc.

Quels sont les aliments qui contiennent le plus d’albumine?

La viande, le poisson, les fruits de mer, les oeufs, les produits laitiers (lait, fromage et yahourt) contiennent beaucoup d’albumine. Ces aliments apportent les deux-tiers des besoins journaliers de chacun. D’autres aliments en contiennent : les céréales et les produits céréaliers, les noix, les plantes siliculeuses (pois, fèves, lentilles). Les ingrédients de nos desserts préférés (les tartes et les gâteaux) transforment ces délices en véritables banques d’albumine.

Où se logent les bactéries responsables de la mauvaise haleine ?

Essentiellement sur la langue, mais elles ont bien d’autres « lieux de résidence ».

La Langue

Rappelez-vous l’expérience que nous vous recommandions pour déterminer l’odeur de votre haleine. Bien que l’odeur du bout de notre langue ne soit pas toujours agréable, il n’est pas le principal responsable de notre mauvaise haleine. C’est à l’arrière que cela se situe. Si vous vous approchez d’un miroir et que vous tirez bien la langue, vous verrez sans doute, en l’examinant, qu’elle est recouverte d’une couche blanchâtre vers le fond. Plus on va vers le fond et plus cette couche paraît épaisse. La quantité de bactéries logées sur la langue va dépendre de son relief : plus il y aura de plis, de micro-cavités ou striures, plus la concentration de bactéries sera grande, contrairement aux personnes dont la langue est plus lisse. Pour que cette couche blanche soit un terrain favorable à la vie des bactéries – c’est-à-dire sans oxygène – il suffit qu’elle ait une épaisseur d’un à deux dixièmes de milimètres. Ce milieu sans oxygène est appelé « anaérobique », c’est là que vivent et se multiplient les bactéries. Les études ont montré que la quantité de bactéries dépend directement de l’épaisseur de cette couche blanche. Comme vous le devinez, c’est bien de la quantité de ces bactéries que dépend la fraîcheur de ces bactéries : moins il y en a, plus fraîche elle est.

Les sources parodontales

Les bactéries malodorantes se trouvent aussi très à l’aise dans d’autres endroits que la langue. Vous avez peut-être remarqué, pendant l’utilisation du fil dentaire, qu’une odeur désagréable se dégage parfois, et qu’elle se renforce lorsque vous passez le fil entre les dents du fond. Les bactéries à l’origine de la mauvaise odeur y trouvent aussi refuge. Ces régions sont appelées « parodontales » par les dentistes (« paro » – près de, « dontale » du mot dent). Même une dent plus ou moins saine peut offrir un espace dépourvu d’oxygène (anaérobique) pour ces bactéries, par exemple, à la limite entre les gencives et les dents, ou entre les dents. Ches les personnes qui souffrent de maladies parodontales le nombre de ces « recoins » augmente. Souvent, si cette infection progresse, on constate la formation de cavités entre la dent et la gencive (les dentistes l’appellent « poche parodontale ») dans lesquelles s’accumulent les bactéries. Ces cavités sont parfois si profondes qu’il est difficile de les nettoyer correctement et ce que produisent ces bactéries provoquent une mauvaise odeur.

Comment se débarrasser de la mauvaise haleine ?

Etant donné que l’origine de la mauvaise haleine vient des émanations malodorantes des bactéries (composés sulfatés volatiles), le principal moyent de s’en débarrasser est de nettoyer la cavité buccale pour que :

- les bactéries n’ont plus de quoi se nourrir

- les bactéries soient en nombre réduit

- Diminuer le terrain anaérobique, où les bactéries développent et se multiplient.

- Ne pas permettre l’apparition de nouveaux foyers de bactéries

En dehors de cela, on peut utiliser des « nettoyants » qui affaiblissent l’activité des composants sulfurés volatiles qui dégagent cette odeur.

Comment priver les bactéries de nourriture ?

Nous l’avons vu, l’origine principale de la mauvaise haleine vient de ce que sécrètent les bactéries après avoir digéré l’albumine et qui dégage une odeur désagréable. C’est la raison pour laquelle les végétariens (qui mangent surtout des légumes et des fruits) ont moins souvent des problèmes d’haleine que les gens qui consomment des aliments riches en albumine, comme la viande. Par ailleurs, il est très important de nettoyer la cavité buccale correctement et à chaque fois que nécessaire, particulièrement après la prise d’aliments riches en albumine. Après le petit-déjeuner, le déjeuner et le dîner de toutes petites particules de nourriture restent coincées entre les dents et se déposent aussi dans la couche supérieure à l’arrière de la langue. Etant donné que c’est là que se trouvent concentrées les bactéries anaérobiques, produisant une mauvaise odeur, si vous ne nettoyer pas correctement votre bouche après avoir mangé, vous assurez à ces bactéries une nourriture suffisante et pour longtemps.

Pour se débarasser de la mauvaise haleine, il faut brosser ses dents et ses gencives

Les bactéries qui produisent des composés formant la mauvaise haleine se trouvent aussi dans le dépôt qui recouvre les dents et leur frontière avec les gencives. Afin de réduire ce dépôt, de prévenir son augmentation et d’évacuer les restes de nourriture « retenus » dans la bouche et servant d’aliment aux bactéries, il est indispensable de se brosser dents et gencives et d’utiliser du fil dentaire. Nous nous permettons de faire un rappel au sujet du fil dentaire. Si vous ne nettoyez pas minutieusement et quotidiennement l’espace entre vos dents, qui est inaccessible à la brosse à dents, il est peu probable que vous vous débarrasiez de votre mauvaise haleine.

Consultez régulièrement votre dentiste

Si après avoir appliqué toutes ces mesures, la mauvaise haleine persiste, prenez rendez-vous chez votre dentiste avec qui vous pourrez discuter de ce problème et surtout effectuer correctement les procédures de nettoyage de votre bouche. Il se peut qu’il s’agisse de la meilleure solution parce que :

1) Tout le monde, loin s’en faut, ne sait pas utiliser correctement le fil dentaire et la brosse à dent. Après avoir examiné votre bouche, votre dentiste vous montrera comment procéder.

2) Il se peut qu’une pierre dentaire gêne le brossage de vos dents. Votre dentiste saura l’éliminer.

3) Si vous avez des symptômes de parodontose (gingivite), votre dentiste pourra les diagnostiquer et vous proposera le traitement adapté. Souvent, si cette infection progresse, on constate la formation de cavités entre la dent et la gencive (les dentistes l’appellent « poche parodontale ») dans lesquelles s’accumulent les bactéries. Ces cavités sont parfois si profondes qu’il est difficile de les nettoyer correctement et ce que produisent ces bactéries provoquent une mauvaise odeur.

4) Lors de l’examen, le dentiste pourra découvrir, s’il y en a, des infections non traitées qui peuvent avoir aggravé l’odeur de votre haleine.

5) Si le dentiste pense peu probable que votre problème d’haleine vienne de ce genre d’infections, il vous invitera à consulter le généraliste et vous donnera les explications nécessaires.

Il faut nettoyer à fond la langue

La majorité des gens ignore cette procédure, mais vous, vous devez essayer d’en faire une pratique quotidienne de l’entretien de votre cavité buccale. Très souvent, l’application de cette seule procédure – sans autre mesure supplémentaires – permet d’éliminer la mauvaise haleine. Souvenez-vous du test que nous vous avons recommandé de faire au début. Nous avions établi que la partie avant de la langue sentait moins fort que l’arrière. Cela est dû au fait que l’avant de la langue s’auto-nettoie, c’est pourquoi elle contient moins de bactéries anaérobiques. En bougeant, la langue, dans sa partie avant, se frotte régulièrement contre le palais dur situé au-dessus, ainsi elle se nettoie et évite l’accumulation de bactéries. Dans le même temps, la partie arrière n’est en contact que du palais mou, ce qui n’assure pas un nettoyage efficace. C’est pourquoi les bactéries provoquant la mauvaise haleine s’y concentrent et c’est pourquoi il faut nettoyer cette partie régulièrement.

Comment bien nettoyer la langue?

Il existe plusieurs moyens de nettoyer la partie arrière de la langue, mais tous n’ont qu’un seul but : éliminer les bactéries et les restes de nourriture qui s’y sont accumulés. Lorsque vous nettoyez votre langue, quel que soit le moyen, il faut essayer d’aller le plus loin possible vers le fond afin de nettoyer le maximum de sa surface. Si vous avez une réaction vomitive, ne vous étonnez pas. C’est une réaction normale, mais avec le temps ce réflexe doit s’affaiblir.

Comment nettoyer la langue avec une brosse à dent ou une brosse spéciale

Pour nettoyer la surface de la langue, on peut utiliser une brosse à dent ou bien une brosse spéciale pour la langue (gratte-langue). Commencez par les zones les plus à l’arrière possible, puis déplacer votre brosse, qui doit faire des mouvements vers l’avant, progressivement vers l’avant de votre langue. Le brossage doit se faire en grattant un peu la langue, sans toutefois presser trop pour ne pas provoquer d’irritation. Vous pouvez mettre un peu de dentifrice sur la brosse, puisqu’il contient les mêmes composants que les bains de bouche (voir plus bas), comme le dioxyde de chlore ou le zinc, qui éliminent les composés sulfatés volatiles et améliorent donc votre haleine.

Dentifrice contenant des ingrédients antibactériens

Si le dentifrice que vous utilisez utilise des composants antibactériens, par exemple le dioxyde de chlore ou le Cetylpyridinium, en nettoyant votre langue vous pourrez en même temps « expulser » et éliminer les bactéries anaérobiques.

Bien que l’utilisation de la brosse à dent peut donner des résultats tout-à-fait satisfaisants, de nombreuses personnes préfèrent utiliser un gratte-langue, estimant que ce moyen est plus efficace. Certains patients affirment qu’ils ont moins de réaction vomitive avec cet instrument qu’avec la brosse. Vous pouvez faire un test simple en utilisant une cuillère à café. Retournez là et posez la le plus loin possible au fond de la langue, puis tirez vers l’extérieur en appuyant. Ne grattez pas trop fort, pour ne pas endommager la surface de la langue. Si cette méthode est plus agréable que la brosse, alors vous pouvez vous acheter un gratte-langue en pharmacie. Il est fort probable qu’il sera plus efficace que la cuillère.

Quelle sorte de bains de bouche peuvent aider à éliminer la mauvaise haleine ?

Les bains de bouche, associés à un nettoyage régulier de la langue, un brossage des dents et à l’utilisation du fil dentaire, peuvent apporter une aide substancielle à votre lutte contre la mauvaise haleine. Mais ils ne sont en aucun cas suffisants pour y remédier seuls. Leur efficacité est liée à leur propriétés :

A) Propriétés antibactériennes. Si le bain de bouche est antibactérien, il réduira le nombre de bactéries anaérobiques, celles dont les « déchets » produisent de mauvaises odeurs, et moins il

B) Propriété neutralisatrice des composés sulfatés volatiles. Les bains de bouche ont généralement des ingrédients qui tuent les composés sulfatés volatiles, ces composés malodorants produits pas les bactéries. Si votre bain de bouche contient un tel ingrédient, alors votre haleine peut devenir plus fraîche.

Ci-dessous, quelques ingrédients qui permettent de neutraliser les mauvaises odeurs. Ces ingrédients se trouvent généralement dans les bains de bouches vendus en pharmacie.

A) Bains de bouche contenant du dioxyde de chlore ou du chlorite de sodium (antibactérien / neutralise les composés sulfatés volatiles)

De nombreux stomatologues (dentistes) estiment que le dioxyde de chlore ou le chlorite de sodium jouent un rôle important dans la neutralisation de la mauvaise haleine. Certaines recherches permettent de supposer que le dioxyde de chlore a un double effet.

Le dioxyde de chlore est une substance oxygénante (elle libère l’oxygène). Etant donné que les bactéries responsables de la mauvaise haleine sont anaérobiques (elles prolifèrent mieux quand il n’y a pas d’oxygène), les substances oxygénantes réduisent le nombre de ces bactéries et donc agissent sur l’haleine.

Le dioxyde de chlore agit aussi sur les composés sulfatés volatiles. Il neutralise les « déchets » produits par les bactéries et empêchent ces composés de se former. Le résultat est que le nombre de ces composés est drastiquement réduit et l’haleine devient donc plus fraîche.

B) Bains de bouche au zinc (neutralisent les composés sulfatés volatiles)

Les recherches ont montré que les bains de bouches contenant des ions de zinc peuvent également réduire la concentration de CSV. On suppose que c’est parce que ces ions sont capables de détuire les substances produites par les bactéries et qui forment ensuite ces composés.

C) Bains de bouche antiseptiques (antibactériens)

Les bains de bouche antiseptiques (par ex., l’Eludril et ses équivalents) sont aussi considérés comme des neutralisateurs de la mauvaise odeur. Leur efficacité vient de leur capacité à éliminer les bactéries responsables de la production des composés malodorants. Mais ils ne détruisent pas les composés eux-mêmes. De nombreux stomatologues estiment que ce ne sont pas les bains de bouche les plus efficaces. Ces réticences viennent du fait qu’ils contiennent souvent une grande dose d’alcool (souvent 25%, voire plus), or l’alcool est un dessicant fort (substance qui assèche) et par conséquent, il assèche les tissus de la cavité buccale. Or, on a vu dans le chapitre sur la xerostomie que la sécheresse de la bouche était un des facteurs de la mauvaise haleine.

D) Bains de bouche contenant du chlorure de Cetylpyridinium (antibacterien)

Le chlorure de Cetylpyridinium est un ingrédient que l’on rencontre parfois dans les bains de bouches. Il permet de réduire le nombre de bactéries anaérobiques.

Les bonbons à la menthes, aux plantes, les gouttes, les sprays et les chewing gum aident-ils à se débarasser de la mauvaise haleine ?

Tout comme les bains de bouche, chacun de ces éléments utilisé seul ne suffit pas à lutter contre la mauvaise haleine. Par contre, si on les associe à un nettoyage consciencieux de sa langue, des dents avec une brosse et du fil dentaire, ils peuvent avoir de l’effet, d’autant plus lorsqu’ils contiennent des ingrédients (par ex., le dioxyde de chlore, le chlorite de sodium, le zinc) qui neutralisent les composés sulfatés volatiles. De plus ils favorisent la production de salive, dont on a vu qu’elle avait un effet nettoyant important.

Comment utiliser le plus efficacement possible les bains de bouche ?

Les bactéries qui produisent une mauvaise odeur se trouvent à la surface et en profondeur dans le dépôt qui se forme sur les dents, la langue et les gencives. Le bain de bouche ne peut atteindre le dépôt en profondeur, c’est pourquoi, avant de s’en servir, il faut essayer de l’éliminer au maximum, avec les moyens habituels : grattage de la langue, brossage de dent, fil dentaire. En faisant un bain de bouche à la fin de ces procédures vous éliminerez les bactéries qui restaient. Pour qu’il soit efficace, il ne suffit pas de le faire tourner dans la bouche. Pendant que vous avez le liquide dans la bouhce, essayez de dire « a a a » afin de faire sortir la langue et que le liquide atteigne ainsi les régions les plus reculées de la langue, là où les bactéries s’accumulent. Il faut recracher ensuite rapidement le liquide. Il n’est pas recommandé aux enfants de faire des bains de bouche parce qu’ils pourraient l’avaler par mégarde.

Comment nettoyer ses prothèses ?

Si vous avez des prothèses dentaires, votre dentiste a dû vous expliquer comment les entretenir. Il vous aura certainement dit de les brosser, parfois avec une brosse spéciale, et de les plonger dans une solution antiseptique (qu’il vous aura recommandé).

Que peut-on faire soi-même pour ne plus avoir mauvaise haleine ?

Buvez plus d’eau

Cela peut paraître bizarre, mais si vous buvez beaucoup d’eau pendant la journée, votre haleine pourra en être améliorée. En effet, lorsqu’il manque d’eau, votre organisme le retient et à cause de cela, il produit moins de salive et elle sera moins efficace dans l’évacuation des bactéries qui produisent les composés malodorants. L’eau est particulièrement recommandés aux personnes souffrant de xérostomie (déssèchement chronique de la bouche)

Rincez-vous la bouche à l’eau

En vous rinçant la bouche à l’eau, vous diminuez la mauvaise haleine temporairement, vu que le rinçage aura dissout et évacué les composés malodorants des bactéries.

Stimulez la production de salive

Vous vous souvenez que la salive nettoie la bouche, car elle dissout et évacue les bactéries et les composés malodorants. Le moyen le plus simple de la stimuler est de mâcher. Cette action donne le signal à votre organisme que vous commencez à vous nourrir et il produit automatiquement de la salive, qui joue un rôle important dans la digestion. Vous pouvez, par exemple, macher des clous de girofle, de l’aneth, de la menthe ou du persil. Les bonbons et chewing gums stimulent la salivation. Assurez-vous simplement qu’ils ne contiennent pas de sucre, car le sucre favorise les bactéries qui provoquent des caries.

Respectez un hygiène stricte de votre bouche après avoir mangé des aliments contenant de l’albumine.

Après s’être nourries d’albumine, les bactéries anaérobiques produisent des composés sulfatés volatiles qui sont la cause de la mauvaise odeur. Après avoir mangé de la viande, du poisson ou n’importe quel aliment riche en albumine, nettoyer bien votre bouche afin qu’aucun résidu ne puisse alimenter ces bactéries.

Source : http://www.stomatolog-moscow.ru/modules.php?name=News&file=article&sid=15 et http://www.mariamm.ru/doc_574.htm

Ingrégients des dentifrices :

Que veut dire « surfactant » ? Le terme français est « tensioactif ». C’est un élément qui modifie la tension de la surface, il permet d’isoler l’eau de l’huile. Ils peuvent avoir des fonctions détergentes ou moussantes, ou humidifiantes, ou émulsifiantes, etc

Carrageenan : épaississant d’origine naturelle (algue rouge), il agit comme stabilisateur dans le dentifrice, il permet de maintenir tous les ingrédients ensemble, donc d’avoir un mélange homogène.

Cellulose gum : épaississant, mais incompatible avec des agents oxydants.

CI 42090 etc : colorant bleu.

CI 77891 : Dioxyde de Titane, colorant (E171 – blanc)

Limonene : donne un goût de citron ou orange. Pur, il est irritant pour la peau.

Sodium Hydroxide (Sodium hydroxyde en français) : la soude caustique en est la version liquide. Détergent, il neutralise le ph de l’eau dans le traitement des eaux usées, utilisé dans le savon, la lessive, dans la fabrication du papier. Utilisé pur, il est très dangereux (ne pas ingérer !) et irritant, il absorbe l’humidité.

Sodium Fluoride (Ion Fluorure – fluorure de sodium) : certains considère qu’à dose infime, il peut agir dans la prevention des caries. Au-dessus, c’est un poison pour l’homme et les animaux.

Sodium Lauryl Sulfate : agent détergent (antibactérien) agressif pour la peau. Pour « adoucir » cet effet, on ajoute parfois de l’Allantoin dans le dentifrice.

Sodium Laureth Sulfate : détergent et surfactant, moussant. PEG du Sodium Lauryl Sulfate, moins agressif pour la peau. Pour obtenir cet ingrédient, on utilise un gaz très toxique qu’on ne retrouve qu’au millionnième ou au millième dans le produit final. Certaines études ont toutefois des doutes sur le caractère inoffensif de cet ingrédient. Il est peu cher à produire et il a une action moussante importante.

Sodium Saccharine : édulcorant. Il doit masquer le mauvais goût des détergents et surfactants.

Sorbitol : utilisé comme épaissisant et humidifiant. C’est en réalité un élément édulcorant (E420) mal digéré par l’organisme, il faut éviter de l’ingérer en quantité.

Mica : parfois utilisé dans les cosmétique pour l’esthétique ( ?). Difficile de connaître son utilité dans un dentifrice.

Triclosan : anti-fongique et anti-bactérien dit à large spectre (tout type de bactéries). Associé au chlore à haute dose, il forme le chloroforme. Il est aussi appelé 5-chloro-2-(2,4-dichlorophénoxy)phénol.

Lecture (6)

“There is something in the silly human mind that responds beautifully to the idea of rarity – especially rarity of conditions capable of producing a given phenomenon. The less likely a thing is to happen, the more wonderful it seems when it does, no matter how useless or even harmful it may be. The fact of its having happened despite the odds makes it a precious event. It had no right to occur, yet it did, and one can only blindly admire the chain of circumstances that caused the impossible to come to pass”.

On reading over the paragraph, she noted with a certain satisfaction that although it had been meant with reference to the volcano, it also had a distinct bearing upon her personal life at the moment.

“Il y a quelque chose dans le stupide esprit humain qui répond superbement à l’idée de rareté, en particulier à la rareté des conditions susceptibles de produire un phénomène donné. Et, moins il est vraisemblable qu’une chose arrive, plus sela paraît merveilleux quand elle arrive, quelle que soit son inutilité ou sa malfaisance. Le fait de son accomplissement, en dépit des contingences, la transforme en un événement précieux; l’événement n’a pas de raison de se produire, cependant, il advient, et l’on ne peut qu’admirer aveuglément l’enchaînement des circonstances qui a amené l’impossible à avoir lieu.”

En relisant le paragraphe, elle remarqua avec une certaine satisfaction que, quoiqu’elle l’eût écrit en pensant au volcan, il avait aussi un rapport direct avec sa vie privée actuelle.

Let it come down / Paul Bowles. London : Abacus (1990), 1952.

Après toi le déluge / Paul Bowles (trad: Marie Viton). Paris : Gallimard (1990), 1955.

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