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Archive for the ‘media’ Category

Sommes nous déjà dans ce monde peuplé d’androïdes maintes fois imaginé par la scienc-fiction? De fait, Nous vénérons des êtres dont l’apparence n’est déjà plus naturelle.  Les stars d’aujourd’hui sont plus souvent qu’on ne le croit siliconnées ou refait(e)s, en plus du maquillage. Les dents (Ben Affleck), oreilles (Brad Pitt), lèvres (Emmanuelle Béart), joues (Madonna), seins (Penelope Cruz), fesses et visages qu’ils offrent à l’objectif des caméras et à nos regards avides sont le plus souvent factices, irréels et impossibles à avoir de façon naturelle. Et quand le corps n’a pas été modifié, on en modifie l’image, merci Photoshop ou Gimp. Les ventres plats, les seins généreux qui s’étalent sur le papier glacé des magazines, eux-aussi, ne sont qu’une illusion de plus.

Non, la beauté parfaite n’est pas éternelle et lorsqu’elle dure, c’est souvent grâce au scalpel, au silicone ou au click de souris – et encore, on ne peut pas dire que ces interventions soient toujours réussies (voir Priscilla Presley). Non, tous ces gens qu’on trouve incroyablement beaux, jeunes ou bien faits, ne sont pas vrais, ne sont pas réels. En avons-nous bien conscience, nous qui aimerions tant leur ressembler sans jamais y parvenir?

Des Androïdes, nous le serons peut-être bientôt : que ne peut-on remplacer dans le corps humain, à part le cerveau? Plus grand chose. Les reins, le coeur, les mains, l’estomac, les hanches, les genoux, la langue, la liste de ce que l’on peut avoir en soi et qui n’est pas d’origine est longue comme un jour sans pain et on voudrait certainement l’allonger, pour ne plus souffrir, pour vivre plus longtemps, aussi.

Peut-être ferons-nous alors plus attention à la beauté intérieure? Espérons qu’aucun scalpel ne saura l’altérer ou l’imiter.

En tout cas, il riront bien, ces archéologues du 23e siècle qui découvriront des tombes remplies de bouts de silicone rose et de prothèses en titane au milieu d’os décomposés. Ils conclueront que nous étions déjà au tournant de l’évolution de l’espèce humaine. Mais à quoi ressembleront-ils, eux?

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Lecture (9)

Le maitre de maison

«  Si le monde continue de tourner et de tourner jusqu’à se retourner comme une omelette, moi, je vais commander un maître de maison. Un homme qui me lave la salle de bain par amour. Un homme qui soit capable de diriger sa vie, son talent et ses compétences à travers le repassage de mes petites culottes et les mouvements de l’aspirateur. Que cela lui suffise. Qu’il sente avoir réalisé sa vie en regardant bouillir des pommes de terres ou un simple choufleur. Un maître de maison qui s’occupe de toutes les affaires de la maison pour que rien ne vienne me perturber et que je puisse m’épanouir, me développer professionnellement et concentrer toute mon énergie à m’occuper de moi-même. Un maître de maison qui ,en plus, me procure la chaleur d’une vie de famille inestimable. Je dis inestimable parce que ne pense pas estimer la valeur vénale de son travail. Voyons, c’est comme ça depuis la nuit des temps, c’est une tradition, ce n’est pas moi qui irait mêler l’argent à une affaire d’échange aussi intime, exclusivement basé sur les sentiments. Parce que mon homme préparera le petit-déjeuner pendant ma douche, veillera à ce que je ne sois jamais à court de déodorant, il repassera mes chemises, il disputera les gosses, lavera le plancher et fera des plats à mon goût parce qu’il est le maître de mon coeur. Et pour rien au monde je n’offenserai sa sensibilité en le payant d’une quelconque forme matérielle, mon Dieu non, comme s’il s’agissait d’un employé de maison, d’un serveur, d’une nounou ou d’une femme de ménage. Nous, ce n’est pas du tout pareil, nous dormons dans le même lit. Donc, je ne lui parlerai pas de la façon dont il emploie son temps libre, ni de travail rémunéré, ni de rien de ce type; il n’y aura aucun arrangement contractuel entre nous, le ciel m’est témoin; et ce, parce qu’entre autres, toutes ses attentions n’auront pas d’horaire fixe, l’amour véritable, comme les tâches ménagères, dure 24 heures, et seulement 24 parce que le jour n’en contient pas plus. Cela n’a pas de prix. Si je lui donnais de l’argent, ce serait comme si je lui donnais la clé indécente de sa liberté. Et mon maître, pourrait penser que je ne l’aime pas assez, et une larme coulerait sur sa barbe. Notre amour sera comme de la super glue, nous deux, cela, nous le saurons bien. Surtout lui, qui ne saura pas quoi faire de sa vie sans moi.

C’est que les grandes responsabilités seront de mon côté. Il vaudra mieux que ce soit moi qui m’occupe du vrai travail, celui qu’on fait en dehors de la maison et qui rapporte nos moyens de subsistance. Et dans l’improbable éventualité que son intellect désentraîné se rende compte de cette différence entre nous, pour ne pas blesser son estime de soi et ne pas compliquer notre vie et notre lit, je lui ferai croire qu’au fond, pour beaucoup de choses, c’est lui le maître. Je lui dirai que c’est le maître de notre maison, sur laquelle son nom à lui est inscrit, parce que les paroles aident à vernir la réalité. Je le laisserai prendre ses propres décisions pour la température de lavage du linge, pour choisir librement entre le melon et le pêches, au marché; il faut qu’il soit le seul à savoir comment faire frire un oeuf, fermer le sac poubelle ou plier un pantalon. Qu’il s’érige tout haut en maître pour ce qui est de faire revenir les tomates et qu’il crie comme un fou sur les enfants s’ils rentrent avec de la boue plein les chaussures. Et si un soir je rentre très tard, avec un coup en trop dans le nez, et qu’il se met à me parler sans arrêt en tournant autour de moi comme un dément, Dieu me garde, mais peut-être que ma main s’oubliera et lui donnera une paire de gifles. Il me regardera alors tout penaud. Mais il sèchera avec son tablier la larme qui aura coulé depuis sa barbe et il saura me pardonner. Parce qu’il comprendra que je rentre du travail éreintée pour subvenir à ses besoins alors qu’il a passé l’après-midi à repasser le linge ou à regarder la télévision en se délassant avec l’aspirateur. Et notre douce routine de notre amour infini reprendra de plus belle, et mon maître de maison repassera à nouveau mes petites culottes pendant que je compose une symphonie, que j’écris des livres, que je plante un arbre ou même, que j’invente l’électricité. »

Chronique « Le ronron » par Clara Sanchis Mira

El Runrún, La Vanguardia, 20 mars 2009, p.19.

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Drôles de séries télé

Les États-Unis sont un grand pays. Multiculturel, multiethnique, avec un système d’éducation uniforme mais faible, où le divertissement tient une place prépondérante. Pas étonnant que les séries télés y soient si nombreuses, notamment les « soap opera », d’une durée d’une demi-heure. Sérieux ou comiques, ils ont tous un point commun : ils éduquent.

Au travers d’une histoire qui peut être le support d’une leçon de morale (Cosby show dans les années 80, Friends dans les années 90, Sex and the City dans les années 2000) ou le fil conducteur de toute la série (General Hospital ou les Feux de l’amour de tous temps), sont abordés les relations humaines sous toutes leurs formes : l’amitié, l’amour, la fidélité, la confiance, la tolérance, le racisme, la violence, la trahison, le viol, l’inceste, l’escroquerie, la sexualité, la mort.

Beaucoup de sujets dont certains sont tabous et dont on n’ose pas toujours parler en public. Le spectateur se dit : « tiens, oui, j’ai déjà vu ce genre de situation, mais je ne sais pas trop quoi en penser ou comment réagir ». Et il est généralement soulagé de voir qu’il n’est pas le seul : les personnages des séries ne savent pas toujours réagir bien. Il est aussi heureux de trouver une solution car, dans ces séries, finalement, on trouve toujours une issue ou un exemple de comportement idéal.

Une série française comme « Plus belle la vie », qui dépasse tous les records d’audience, est un exemple du genre. Son succès tient peut-être à ce que les solutions proposées sont purement françaises et correspondent mieux aux réalités du téléspectateur.

Mais quelles sont les valeurs que défendent ces séries? Il serait intéressant de s’en informer.

Aux États-Unis, les scénaristes tiennent compte en permanence de la réaction des communautés, ethniques ou professionnelles, avant d’écrire, mais aussi après la diffusion des épisodes. De cette façon, ils peuvent influencer le dénouement d’une situation critique dans le sens le plus consensuel ou « politiquement correct ».

Ce rôle de « véhicule » d’éducation des masses qu’ont les séries, mais aussi les films, n’échappe pas à certains lobbys. On sait, par exemple, que l’armée américaine finance des films de guerre ou d’action avec un cahier des charges très précis visant à mettre en valeur tout ce qu’on attend du bon soldat.

En France, j’ignore si la Police nationale intervient sur le scénario des séries policières qui s’attachent à améliorer l’image de la police, qui en a bien besoin. D’autres téléfilms peuvent sensibiliser au sort des sans-papiers.Mais, y-a-t-il des lobbys derrière cela? Lesquels?

Pourtant, il les choix « moraux » des scénaristes ne sont pas toujours anodins. Un exemple qui concerne les films et les séries américaines. Dans l’absolue majorité des cas, le méchant ou le représentant du mal, meurt ou est détruit. Il n’y a donc pas de rédemption, pas de dialogue possible, pas de pardon. Il n’y a pas de repenti (ou si peu) ni de converti au bien. Est-ce que cela ne donne pas matière à réflexion? Est-ce qu’il faut s’étonner, ensuite, que personne ne trouve à redire, lorsque les autorités de ce pays annoncent qu’ils ont pour objectif la mort de leur ennemi public numéro 1 et non pas son passage en jugement ou son emprisonnement à vie? Quel chemin humain a-t-on parcouru depuis ces annonces de Far West où l’on rétribuait la capture d’un criminel « dead or alive »?

Cet exemple montre qu’il ne serait peut-être pas inutile de discuter – mais pas contrôler – autour des leçons que véhiculent ces séries et surtout de les regarder en ayant en tête qu’elles ne reflètent que l’opinion des scénaristes et producteurs et que la force des images peut faire penser que cette opinion est une évidence. A tord parfois.

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L’argent

Je n’ai jamais mis d’argent réel dans SL, c’était mon principe de base. J’ai gagné mon corps et mes habits virtuels en « campant » (s’assoir longtemps à un endroit prévu pour) et en jouant à la loterie dans les discothèques. J’ai bien eu l’idée de me prostituer, mais devant le peu de clients, j’ai renoncé. J’ai tout acheté bon marché, on m’a aussi fait des cadeaux. En tout, avec 1000 Linden dollars (L$), j’avais l’air bien. J’ai aussi été tenté de vendre des objets virtuels de ma création ou des vêtements, mais il fallait passer trop de temps à bidouiller. Je n’ai donc rien dépensé dans SL, mais rien n’est jamais gratuit, j’ai payé autrement, et j’ai fait payer les autres.

Le Sexe

Le plus amusant, dans SL, c’est de pouvoir animer son avatar : voler, s’assoir, danser, laver le plancher ou les carreaux, s’enlacer, s’embrasser et baiser dans toutes les positions possibles et impossibles. Je suis vite passé au sexe : je trouvais ça très drôle au début, de voir mon personnage en pleine action et moi, tapant sur mon clavier tout les mots et le vocabulaire qui pouvaient rappeler les dialogues d’un film porno (finalement, il y en a plus qu’on ne croit, des mots à dire). J’ai fini par devenir l’amant de plusieurs avatars et je me voyais ainsi donner – et recevoir – du plaisir avec la liberté du papillon.

Le temps

Je ne voyais pas le temps passer: je décidais de me connecter pour une heure, juste pour discuter, et trois heures après, j’y étais toujours ! Lorsque je me forçais à passer moins de temps, je me voyais involontairement exclu de ceux qui y passaient plus de temps, ne partageant que des bribes avec eux. J’ai commencé à passer plus de temps avec les avatars que j’appréciais le plus.

Les autres

Les relations sur SL s’apparentent à toute relation humaine, qu’elle soit virtuelle ou réelle. On en vient donc rapidement à se dire d’où l’on vient, ce qu’on exerce comme métier, etc. L’anonymat y est sans doute pour quelque chose. J’étais entré dans SL par curiosité et j’y restais pour le plaisir du jeu, pour les animations, pour certains paysages étonnants, pour rencontrer des gens que je n’aurais sans doute jamais rencontré dans la vie réelle. Mais en tout anonymat. Je n’ai pas compris tout de suite qu’en ayant des relations de plus en plus suivies avec d’autres avatars, je me liais progressivement d’amitié avec les personnes qui étaient comme moi derrière le clavier. Cette intrusion du réel s’est imposée brutalement lorsque la possibilité de se parler de vive voix est apparue.

La (dure) réalité

RL (monde réel) devenait un monde moins beau, moins intéressant, moins agréable. J’en suis venu à voir, dans l’habillement ou le style de certaines personnes croisées dans la rue, le style de certains avatars de SL alors qu’il s’agit du contraire, du moins, je crois. Les amis SL que je me faisais, je n’ai jamais eu l’intention de les rencontrer en vrai. Alors quand j’ai compris – si tard ! – que leur attachement dépassait les frontières de mon avatar et aussi de l’amitié, je ne me suis plus senti vraiment à l’aise. Je ne souhaitais pas retirer mon masque, mais ma fameuse “liberté du papillon”avait du plomb dans l’aile, ayant singulièrement réduit le nombre de mes relations dans SL. J’ai donc décidé de couper court, sachant que je ferais du mal – bien réel – à ceux que je quittais et que j’appréciais. J’écris cela pour eux, pour qu’ils comprennent et, peut-être, me pardonnent mon intrusion dans leur vie réelle.

* Second Life est une plateforme internet d’animation 3D où l’on crée un avatar que l’on modèle et qu’on habille comme on veut, selon l’argent dont on dispose.

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Double speaking

Le Double speaking anglais représente une liste d'expressions que l'on peut interpréter de deux manières. En français, on fait beaucoup plus fort, comme toujours 🙂 N'importe quoi qui se dit ou s'écrit comporte une base idéologique : tout doit être compris à travers le prisme de l'orientation politique du locuteur. Ce qui est dommage, c'est que celui-ci n'affiche pratiquement jamais cette orientation. Est-ce que sur Libération, il est marqué "journal de gauche plutôt socialiste"? Ou sur le Figaro "journal de droite"?C'est un peu plus grave dans la sphère scientifique et plus spécifiquement en sciences sociales : un historien ne dit jamais qu'il est de droite ou de gauche. Pourtant, sa vision de l'histoire, et surtout son analyse, porteront la marque de cette orientation. On considère que François Furet, spécialiste de la révolution française, a été proche du PCF jusqu'en 1956 puis est "passé" à droite.Tout ceci n'enlève rien, évidemment à la qualité de ce spécialiste, cependant, lorsqu'on lit son livre sur l'ère communiste (son livre primé "Le Passé d'un illusion"), fort bien documenté, il faut garder en tête son orientation politique au moment de l'écriture. D'autant plus qu'une des thèses fondamentales de ce livre est que l'expérience soviétique est bien fidèle à l'utopie communiste de Marx, ce que l'on peut contester.Je ne sais pas ce qu'il en est des scientifiques anglais. Mais la presse anglaise, comme The Economist, par exemple, annonce sa position politique, lorsqu'elle fait une analyse politique ou économique. C'est tout de même beaucoup plus confortable, pour ne pas dire honnête, pour le lecteur.

Surtout, cette caractéristique française peut faire qu'un étranger se méprendra facilement sur la teneur d'une conversation entre amis, par exemple. Il lui faut plus qu'un dictionnaire pour décoder tout ce qui se dit. Il lui faut un "filtre politique spécial".

Decoder
source

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